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Retranscription intégrale de l’interview d’Emilie de réussir sa thèse :

— Bonjour. Je suis Cécile d’Investir et Réussir sa vie. Bienvenue dans cette nouvelle vidéo dans laquelle j’ai le plaisir d’accueillir Émilie Doré. Bonjour Émilie.

— Bonjour Cécile.

— Émilie, tu es l’auteur d’un site Internet qui s’appelle reussirsathese.com. Comme son nom l’indique, tu aides les gens qui sont en phase de réalisation d’une thèse, pour les soutenir en fait ? Sur ce thème, on parle d’investissement. La raison pour laquelle j’ai voulu d’interviewer est qu’une thèse, du coup, c’est de l’investissement en temps, en énergie, et peut-être autre chose. Tu vas nous en parler, tu es passé par là. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce que cela représente en investissement justement ?

— Une thèse d’abord, c’est trop long. C’est un processus qui théoriquement dure trois ans, mais qui souvent dure quatre, cinq, six, et voire sept ans parfois. C’est vraiment un processus dans la très longue durée.

— Qu’est-ce qui fait le changement de passage de cinq ans à six ans ou à sept ans ?

— Cela peut-être plusieurs choses, cela peut être des difficultés personnelles, des difficultés matérielles qui font qu’on n’arrive pas à boucler sa thèse. Cela peut être un travail qui est mené parallèlement à la thèse et qui la retarde. Le parcours de vie du doctorant a des conséquences sur la thèse et sur la durée de la thèse. Donc parfois si on n’a pas de financement, si on n’est pas bien encadré, si on est un peu perdu, si on doute, la thèse peut devenir parfois très longue. Plus la thèse tarde à finir et plus la pression monte carrément pour la personne.

— Sur ton blog, ce qui m’a frappé est le sous-titre de ton blog. Je ne me souviens plus précisément de ce que tu dis, mais c’est pour sortir de l’isolement et aider les chercheurs et les gens qui sont en phase de réalisation d’une thèse. Est-ce que c’est la souffrance numéro un d’une personne qui réalise une thèse ?

— Je ne vais pas généraliser et dire que c’est la souffrance de tous les thésards et d’avoir peut-être bien précisé que je parle de thèses en science humaine et sociale. Souvent les thèses en science dure, comme on dit en science naturelle, en physique, etc., les doctorants sont beaucoup plus encadrés et travaillent vraiment en laboratoire. Ils ont un lieu de travail avec une équipe, un but, etc. Un but défini en équipe. Alors qu’en science humaine et sociale, on est plus souvent confronté à la solitude dans la mesure où on peut travailler en plus chez soi. Il y a moins de travail en équipe si tu veux.

Ensuite, on est quand même dans un laboratoire. Il y a certains laboratoires qui font bien le travail de lien social pour les doctorants ; puis, il y en a beaucoup d’autres qui le font peut-être moins bien, ou ils se sont moins posé la question. En fait, il y a aussi le processus de rédaction qui est très long, et qui peut prendre un an, deux ans et trois ans. Le processus de rédaction est vraiment quelque chose de personnel. On est vraiment face à son ordinateur et on essaye de sortir ses idées.

Quelque part, la solitude fait partie du processus. Ce n’est pas toujours un mal parce qu’on est face à soi-même. On est vraiment confronté à ce qui va sortir de notre cerveau. C’est un défi et quelque part cela est bien. Dans notre société moderne actuelle, il y a peu d’occasions de se retrouver vraiment seul face à un processus intellectuel long et à sortir les choses, à sortir les idées comme cela. Le côté négatif est effectivement le stress, l’isolement, la perte de sens qui peuvent arriver quand on est tout seul et qu’on se sent vraiment tout seul.

— À travers ton blog, j’ai vu qu’il y avait quatre thématiques que tu abordes pour pouvoir aider les gens. Tu vas soutenir les gens de différentes façons par rapport à cette problématique d’isolement, mais pas seulement j’imagine parce que j’ai vu que tu parlais de travail de terrain, de la méthode apportée. Donc, ce sont des besoins que tu as identifiés parce que tu les avais vécus toi.

— Oui et pas seulement aussi parce qu’en fait tout le long de mes études universitaires, j’ai toujours aimé donner un coup de main aux autres. Je ne sais pas pourquoi. Il y a aussi beaucoup d’étudiants étrangers en France qui sont, parfois, vraiment désorientés par le système français et qui ne sont pas beaucoup aidés et soutenus. Moi, j’ai le souvenir dans mes études universitaires d’avoir toujours eu beaucoup d’amis étrangers et d’avoir toujours aimé leur donner un coup de main sur la prise de note, comment on fait une dissertation ou au moment des partiels ? Comment on va faire ? Quelle est la méthode qu’on attend ? Parce qu’en France, il est vrai qu’il y a quand même une méthodologie un peu particulière.

— Qu’il n’y a pas forcement ailleurs ?

— Il n’y a pas forcement. Selon les pays, cela peut varier. Par exemple, j’ai fait des études sciences politiques, de droit et de science politique où on est très sensibles aux plans dialectiques : partie un ; partie deux ; divisés en deux sous parties avec thèse et antithèse. Alors que cela est quelque chose de la base fixe scolaire, en fait, cela n’était pas forcément clair et évident pour tout le monde.

Donc, j’aimais bien apporter ces conseils de façon informelle puis j’aimais bien le côté humain, de soutenir quelqu’un. Ensuite, je suis devenue doctorante. Pendant le doctorat et même après, j’ai continué à apporter des coups de main, cette fois-ci à des doctorants : des corrections de thèse ; donc, à un autre niveau. C’est notamment en faisant de la correction de thèse d’ailleurs, j’en ai fait de temps en temps, que je me suis rendu compte qu’il y avait un vrai gâchis parce que la méthodologie n’était pas toujours claire pour tous les doctorants : comment faire une thèse ? Comment se poser la question de recherche, les hypothèses ? Comment faire un plan de thèse, un plan de rédaction ?

À cause de ce flou méthodologie, il y avait beaucoup de retard et parfois même la qualité la thèse se ressentait ; alors que peut-être la personne avait tout à fait les compétences, la capacité de faire quelque chose de mieux. Je me suis dit que c’est vraiment dommage d’intervenir en aval pendant la correction de thèse quand elle est finie et que la personne va le sortir dans un mois. Alors que si on était intervenu en amont en expliquant quelques points de la méthodologie en approfondissant et en accompagnant la personne, peut-être qu’à la base on aura eu une meilleure qualité. Effectivement, il y a aussi un soutien de méthodologie dans ce que je propose.

— Du coup, tu as lancé cela en ligne. C’est vrai que tout le monde peut trouver facilement des informations sur le sujet en consultant ton blog. Tu as aussi lancé un soutien avec des formations, notamment tu as une sorte de soutien, de présentiel par coaching.

— Effectivement, je propose plusieurs choses. Déjà ce que j’aime bien sur Internet est qu’on donne beaucoup. Le jeu est aussi de donner beaucoup gratuitement. Il y a plusieurs types de service que je propose. Il y a beaucoup de choses qui sont gratuites. Il y a de la formation gratuite à travers le blog, la liste de qui reçoit les mails, la communauté que j’appelle la communauté réussir sa thèse. Effectivement, il y a aussi des formations payantes. Le coaching personnalisé pour faire une thèse est quelque chose qui est très cher. Ce que j’ai essayé de faire en développant mon activité en ligne est de réduire les prix, et de vraiment le rendre accessible au plus grand nombre, que cela soit plus démocratique.

Dans le cas, j’imagine que tu veux parler du Club Rédaction ; le travail en petit groupe. Donc là, on se réunit de façon hebdomadaire. Ce sont des doctorants qui sont en pleine rédaction de thèse et qui a besoin de pouvoir en parler de façon régulière leur objectif hebdomadaire, s’ils les ont atteints, sinon pourquoi ils ne les ont pas atteints, et peut-être soutenus aussi moralement. On est un petit groupe. De toute façon, cela est moins cher qu’un coaching personnalisé. Puis aussi il y a un effet groupe qui fait qu’ils se soutiennent tous puis on coproduit tous des solutions.

— Même si cela n’est pas les mêmes sujets, vous travaillez quand même sur les méthodes qui sont similaires et il y a des choses que l’on peut mettre en commun. Ici, on est à Toulouse qui est ta ville de résidence. Du coup ces personnes-là, elles sont situées un peu partout en France ou non ? C’est la magie de l’Internet. On peut effectivement réunir les gens qui sont à l’extérieur. On peut communiquer via Skype ou autres ?

— Voilà, à travers une plateforme de vidéoconférence. Ce qui me permet d’intervenir sur le monde francophone et non pas seulement sur Toulouse.

— C’est génial. En France, il n’y a pas énormément de gens qui font ce genre de choses pour aider des gens qui sont étudiants. C’est bien d’avoir cet accompagnement. On mettra les liens sur la vidéo pour que vous puissiez retrouver Émilie et voir tous les conseils. Elle partage beaucoup de conseils gratuits comme elle le disait sur son blog. Profitez-en. Puis vous pouvez lui laisser aussi des commentaires. Tu dois en avoir pas mal de retours par rapport à ce que tu publies.

— C’est ce qui est très encourageant est qu’il y a eu plein de retour enthousiaste. Cela s’est confirmé, car il y a, en fait, un grand besoin de pouvoir parler de ces choses autant que de la méthode de la thèse ; et aussi des problèmes psychologiques, qu’on a, quand on fait une thèse ; et en parler librement en dehors du cadre de l’université où des fois on a parfois du mal à poser des questions pour ne pas paraître bête ou faible alors que là la parole est libre.

— Super. Merci beaucoup.

— Merci à toi.

— Puis on te retrouve très vite sur ton blog. À bientôt.

— À bientôt.